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Comparer les augmentations de salaire et celles de l’immobilier

par Sylvain Lapointe
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L’immobilier fait couler beaucoup d’encre par les temps qui courent en raison de la forte augmentation des prix. Il est effectivement difficile d’expliquer les raisons derrière cette pression à la hausse des prix puisqu’un des principaux facteurs qui expliquaient la hausse des années antérieures est inexistant actuellement, je parle ici de l’immigration. Depuis le début de la pandémie, les frontières ont été pratiquement fermées à toute émigration. Les seuls autres facteurs qui peuvent expliquer la frénésie actuelle pour l’immobilier sont les taux d’intérêt et la démographie.

Si l’on compare la moyenne des prix des maisons au Canada entre août 2020 et août 2021, on observe une hausse de 13,3 %[1]. Pour la grande région de Toronto, on parle d’une augmentation moyenne de 17,4 % pour le Grand Montréal de 21,7 % et de 31,7 % pour l’île de Vancouver !

Ces hausses perdurent depuis plusieurs années et elles sont sensiblement les mêmes aux États-Unis. Cependant, ce qui nous distingue de notre voisin du sud c’est la correction immobilière subie de 2006 à 2013 alors que le Canada a à peine bronché. C’est d’ailleurs en raison de cette crise que le marché boursier a connu la crise financière de 2008 et l’effondrement de Lehman Brothers. Depuis 1975, la hausse moyenne annuelle des prix de l’immobilier aux États-Unis n’a été que de 4,6 %, alors qu’au Canada la hausse a été de 6,3 %, parmi les plus élevées au monde.

Toujours sur la même période, en tenant compte de l’inflation, la hausse globale a été de 99 % aux États-Unis et de 278 % pour le Canada[2].

Un article américain que j’ai lu récemment mentionnait que cette tendance est anormale et ne peut perdurer. La différence est encore plus frappante si l’on compare ces hausses aux revenus disponibles. Le seul moment où le prix de l’immobilier a surplombé le revenu disponible aux États-Unis était durant la crise immobilière, alors que depuis 2020 les prix au Canada ont largement dépassé le revenu disponible.

Pareille situation ne peut se prolonger longtemps aux États-Unis, encore moins au Canada ! À la lumière de ces statistiques, si vous songiez à acheter un bien immobilier en Floride, il est peut-être temps de le faire ! Chose certaine, il y a un net déséquilibre entre le prix de l’immobilier canadien et américain et nous serons sans doute les témoins d’un certain ajustement de l’un des côtés de la frontière au cours des prochaines années !

[1] Source : Canadian Real Estate Association: https://www.crea.ca/
[2] Why U.S. Housing Prices Aren’t as Crazy as You Think, 7 septembre 2021, Ben Carlson

Les renseignements contenus dans ce présent article ont été préparés par Sylvain Lapointe, un conseiller en placement rattaché à Valeurs Mobilières PEAK inc. ; ils ont été obtenus de sources que nous croyons fiables, mais ne sont pas garantis et pourraient être incomplets. L’auteur ne se tient pas responsable des décisions financières des lecteurs suite à cette lecture. Les opinions exprimées ici ne reflètent pas nécessairement celles de Valeurs Mobilières PEAK inc. Valeurs Mobilières PEAK est membre du Fonds canadien de protection des épargnants.

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